Auteur : Giovanni Mboyo

  • 7 jour pour lire un livre

    LIRE PLUS VITE : POURQUOI ?
    Ne le cachons pas, lire vite est aussi devenu un sujet d’orgueil, un idéal à
    atteindre. Ainsi, l’
    exemple du défunt président des États-Unis d’Amérique,
    John Fitzgerald Kennedy, est-il souvent cité : voilà un homme, dit l’histoire,
    qui était capable, en vingt minutes, de lire chaque matin tous les journaux

    qu
    on déposait sur sa table de travail. Un véritable exploit, quand on sait

    qu
    aux États-Unis, l’
    exemplaire dominical du moindre des quotidiens
    compte plusieurs centaines de pages ! On a coutume de citer aussi telle
    méthode de lecture japonaise qui permet de lire un roman entier en sept
    minutes… Sous-entendu, dans un cas comme dans l’
    autre : voilà un homme,
    ou un peuple, supérieurement intelligent, puisque capable de tout lire très
    vite.

    Dans un groupe d’
    amateurs de lecture, il n

    est pas rare non plus d’entendre
    telle ou telle remarque négligemment lancée : « Je lis un, deux livres par
    jour », ou encore « Un polar, je le lis en une heure »… Mais cela pose la
    question du sens : « À quoi bon vouloir lire vite ? ». Si la lecture est une

    distraction, il faut continuer de lire lentement, en savourant. J’
    ai rencontré
    un jour une personne qui avait suivi avec succès un cours de lecture rapide,
    et qui avouait en avoir perdu le sens du plaisir de lire.

    distraction, il faut continuer de lire lentement, en savourant. J’
    ai rencontré
    un jour une personne qui avait suivi avec succès un cours de lecture rapide,
    et qui avouait en avoir perdu le sens du plaisir de lire. T el n

    est pas notre but !
    Et puis, à quoi bon lire un roman à toute allure ? On ne lit pas un roman
    pour battre un record ou pour aligner des volumes sur les rayons de sa
    bibliothèque, mais par pur plaisir. Il faut aussi en apprécier l’
    ambiance, le
    style, l’intrigue, même s
    ’il est vrai qu

    on accélère parfois le tempo pour
    connaître plus vite le dénouement d’
    un polar… N’
    oubliez jamais cette règle,
    que je vous rappellerai d’
    ailleurs avant de terminer ces pages : ce n

    est pas

    parce qu
    on a appris à lire plus vite qu

    on est toujours obligé de lire plus
    vite !
    Mais, bien entendu, à la question : « Pourquoi lire vite ? », votre réponse est
    là, toute prête : « Pour gagner du temps ! ». Notamment si vous suivez des
    études ou préparez un concours. On imagine souvent que lire plus vite
    consiste à utiliser des méthodes de lecture habituelles, mais avec davantage de
    performance.
    On a ainsi trop tendance à croire que la vitesse est le seul facteur qui peut
    évoluer. Résultat, pour beaucoup de lecteurs, « lire en diagonale » signifie
    d’
    abord « lire mal, ou ne pas lire du tout », avec l’idée que tout ce qui est
    écrit est important et que s
    ’il faut lire vite, il ne faut pas pour autant
    manquer une seule ligne. Pour d’autres, une maîtrise parfaite de la lecture
    consiste à retenir par cœur ce qui aurait été lu en quelques minutes.
    Halte aux idées reçues ! Avant de vous aider à effectivement améliorer la
    vitesse, ou plutôt l’
    efficacité de votre lecture, revenons sur quelques points fondamentaux, brisons des mythes.

    LES JOURNAUX DU PRÉSIDENT KENNEDY
    « Le président Kennedy lisant un paquet de journaux en vingt minutes… »
    Deux choses : premièrement, il n

    est pas le seul dans ce cas, et, au contraire,
    il entre plutôt dans la norme. Je ne consacre guère plus de temps aux trois ou
    quatre quotidiens que je consulte chaque jour, et un très grand nombre de
    responsables ou d’élus agissent de même. Ce n

    est donc pas si exceptionnel.
    Et vous aussi, vous le pouvez. Le secret ? N’
    avoir devant soi que ces vingt
    minutes à consacrer à la lecture de la presse. Nécessité fait loi ! En vacances,
    je suis parfaitement capable, comme tout le monde, de rester des heures la
    tête plongée dans mon journal.
    Deuxièmement, en vingt minutes, je ne « lis » pas mon journal, et le
    président Kennedy non plus, certainement. En revanche, quand on maîtrise
    bien les techniques du survol et de l’écrémage, quand on a appris à détecter
    les redondances, quand on sait ce qu

    on veut trouver, cela devient possible. Il

    ne s
    agit plus alors de « lire », mais de « parcourir » et de « dépouiller ». Nous
    y reviendrons, mais regardons les choses en face : dans un bon journal, les
    articles sont classés par rubriques. Le parcours est donc facilité. T oujours dans
    ce même bon journal, le titre des articles est en général bien explicite (ce qui

    n
    est pas toujours le cas dans certains journaux, pour lesquels le titre est
    surtout un moyen d’éveiller l’intérêt, de captiver l’
    attention, mais nous en
    reparlerons aussi). Si la rubrique et le titre ont attiré votre attention, il se peut

    encore qu
    un « chapeau » en caractères gras, placé au début de cet article,
    vienne délivrer l’
    essentiel de l’information.
    De surcroît, si on prolonge l’
    exemple du président des États-Unis, il n

    y a, en
    principe, aucune information importante dans ce journal dont il n

    ait pas été
    mis au courant par son ministre de l’Intérieur, son secrétaire d’État ou son
    conseiller en communication. Ce qu
    ’il cherche, ce n

    est donc

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