LIRE PLUS VITE : POURQUOI ?
Ne le cachons pas, lire vite est aussi devenu un sujet d’orgueil, un idéal à
atteindre. Ainsi, l’
exemple du défunt président des États-Unis d’Amérique,
John Fitzgerald Kennedy, est-il souvent cité : voilà un homme, dit l’histoire,
qui était capable, en vingt minutes, de lire chaque matin tous les journaux
’
qu
on déposait sur sa table de travail. Un véritable exploit, quand on sait
’
qu
aux États-Unis, l’
exemplaire dominical du moindre des quotidiens
compte plusieurs centaines de pages ! On a coutume de citer aussi telle
méthode de lecture japonaise qui permet de lire un roman entier en sept
minutes… Sous-entendu, dans un cas comme dans l’
autre : voilà un homme,
ou un peuple, supérieurement intelligent, puisque capable de tout lire très
vite.
Dans un groupe d’
amateurs de lecture, il n
’
est pas rare non plus d’entendre
telle ou telle remarque négligemment lancée : « Je lis un, deux livres par
jour », ou encore « Un polar, je le lis en une heure »… Mais cela pose la
question du sens : « À quoi bon vouloir lire vite ? ». Si la lecture est une
distraction, il faut continuer de lire lentement, en savourant. J’
ai rencontré
un jour une personne qui avait suivi avec succès un cours de lecture rapide,
et qui avouait en avoir perdu le sens du plaisir de lire.
distraction, il faut continuer de lire lentement, en savourant. J’
ai rencontré
un jour une personne qui avait suivi avec succès un cours de lecture rapide,
et qui avouait en avoir perdu le sens du plaisir de lire. T el n
’
est pas notre but !
Et puis, à quoi bon lire un roman à toute allure ? On ne lit pas un roman
pour battre un record ou pour aligner des volumes sur les rayons de sa
bibliothèque, mais par pur plaisir. Il faut aussi en apprécier l’
ambiance, le
style, l’intrigue, même s
’il est vrai qu
’
on accélère parfois le tempo pour
connaître plus vite le dénouement d’
un polar… N’
oubliez jamais cette règle,
que je vous rappellerai d’
ailleurs avant de terminer ces pages : ce n
’
est pas
’
parce qu
on a appris à lire plus vite qu
’
on est toujours obligé de lire plus
vite !
Mais, bien entendu, à la question : « Pourquoi lire vite ? », votre réponse est
là, toute prête : « Pour gagner du temps ! ». Notamment si vous suivez des
études ou préparez un concours. On imagine souvent que lire plus vite
consiste à utiliser des méthodes de lecture habituelles, mais avec davantage de
performance.
On a ainsi trop tendance à croire que la vitesse est le seul facteur qui peut
évoluer. Résultat, pour beaucoup de lecteurs, « lire en diagonale » signifie
d’
abord « lire mal, ou ne pas lire du tout », avec l’idée que tout ce qui est
écrit est important et que s
’il faut lire vite, il ne faut pas pour autant
manquer une seule ligne. Pour d’autres, une maîtrise parfaite de la lecture
consiste à retenir par cœur ce qui aurait été lu en quelques minutes.
Halte aux idées reçues ! Avant de vous aider à effectivement améliorer la
vitesse, ou plutôt l’
efficacité de votre lecture, revenons sur quelques points fondamentaux, brisons des mythes.
LES JOURNAUX DU PRÉSIDENT KENNEDY
« Le président Kennedy lisant un paquet de journaux en vingt minutes… »
Deux choses : premièrement, il n
’
est pas le seul dans ce cas, et, au contraire,
il entre plutôt dans la norme. Je ne consacre guère plus de temps aux trois ou
quatre quotidiens que je consulte chaque jour, et un très grand nombre de
responsables ou d’élus agissent de même. Ce n
’
est donc pas si exceptionnel.
Et vous aussi, vous le pouvez. Le secret ? N’
avoir devant soi que ces vingt
minutes à consacrer à la lecture de la presse. Nécessité fait loi ! En vacances,
je suis parfaitement capable, comme tout le monde, de rester des heures la
tête plongée dans mon journal.
Deuxièmement, en vingt minutes, je ne « lis » pas mon journal, et le
président Kennedy non plus, certainement. En revanche, quand on maîtrise
bien les techniques du survol et de l’écrémage, quand on a appris à détecter
les redondances, quand on sait ce qu
’
on veut trouver, cela devient possible. Il
’
ne s
agit plus alors de « lire », mais de « parcourir » et de « dépouiller ». Nous
y reviendrons, mais regardons les choses en face : dans un bon journal, les
articles sont classés par rubriques. Le parcours est donc facilité. T oujours dans
ce même bon journal, le titre des articles est en général bien explicite (ce qui
’
n
est pas toujours le cas dans certains journaux, pour lesquels le titre est
surtout un moyen d’éveiller l’intérêt, de captiver l’
attention, mais nous en
reparlerons aussi). Si la rubrique et le titre ont attiré votre attention, il se peut
’
encore qu
un « chapeau » en caractères gras, placé au début de cet article,
vienne délivrer l’
essentiel de l’information.
De surcroît, si on prolonge l’
exemple du président des États-Unis, il n
’
y a, en
principe, aucune information importante dans ce journal dont il n
’
ait pas été
mis au courant par son ministre de l’Intérieur, son secrétaire d’État ou son
conseiller en communication. Ce qu
’il cherche, ce n
’
est donc